Eglise Luthérienne

Projet: Restauration partielle

Classement cantonal: MSc 52 du 30.12.21
Année de construction: 1762-1766

2016 - 2020

Historique

Eglise située en tête de l’îlot fermant la perspective du Bourg-de-Four côté lac. En 1762, la communauté luthérienne achète le château de Coudrée ; elle le fait démolir pour élever à cet emplacement un sanctuaire (la cave de l’ancienne demeure est cependant conservée).
Le bâtiment, qui outre sa fonction religieuse, va servir de bourse et d’appartement résidentiel est conçu extérieurement comme une maison d’habitation d’apparence bourgeoise : trois niveaux séparés par des bandeaux et régulièrement percés de fenêtres, fronton curviligne, chaînes, poinçons sur le toit, jardin clôturé d’un mur et d’une grille avec portail (dû à J.-C. Staib). Il ne possède pas de clocheton.
A l’intérieur, restaurée et aménagée en 1989-1991, la salle de culte occupe à la fois le rez-dechaussée et le premier étage.
(Source: Département de l’aménagement, du logement et de l’énergie / Service des monuments et des sites. Répertoire des immeubles et objets classés. Chêne-Bourg / Genève : Georg, 1994, pp. 120-121)

  • Carte Micheli-du-Crest 1718. Prov. SITG
  • Plan Billon , 1726-1728.  Prov. SITG
  • Carte du territoire 1800 Prov. SITG
  • Plan Céard 1837-1840. Prov. SITG
  • Carte Durfour 1845-1865. Prov. SITG
  • Carte Siegfried, 1898-1915.  Prov. SITG
  • Plan du RDC, 1996.  Prov. SITG
  • Plan du RDC, 1996.  Prov. SITG

Diagnostic

La salle voûtée au sous-sol nécessite un projet d’assainissement. En effet, on observe une accumulation d’humidité en raison des infiltrations et du manque de ventilation. La paroisse a d’ailleurs mis en place un déshumidificateur pour absorber les excédents en solution provisoire. On observe régulièrement des flaques d’eau sur le côté Est de la salle lors de fortes pluies, et des taches de salpêtre provoquées par les remontées capillaires compte tenu de la forte concentration en humidité du terrain.

L’enduit ciment, appliqué lors de la transformation / rénovation de 1988-1991, empêche l’humidité contenue dans les murs de s’évaporer. La capillarité des molasses et la présence de joints et enduits ciment accentuent les problèmes d’humidité, avec le développement de champignons et moisissures.

Le dispositif de ventilation sans extraction mécanique (grille au bas de l’escalier donnant sur la Rue de la Fontaine) parait insuffisant pour évacuer l’humidité. Le système de pulsion d’air chaud permet un renouvellement d’air par la mise en pression de la salle, cependant ce dispositif semble accentuer le problème d’humidité.

  • Vue du côté est de la salle voûtée. On remarque trois niches, une de grande taille au milieu du mur, et deux autres sur les latéraux qui communiquent avec l’étage supérieur
  • Vue détaillée du mur est. On distingue une très forte concentration d’humidité. Concernant la niche du milieu, il s’agit probablement d’un ancien passage obturé avec de la brique terre cuite
  • Vue détaillée d’une niche qui a pu servir comme soupirail de ventilation
  • Vue détaillée de la porte d’accès depuis la rue de la Fontaine
  • On observe, à droite, un accès secondaire de liaison avec la salle de réunion du niveau -1
  • On remarque des zones où la pierre a subit des desquamations superficielles. Les infiltrations et le manque de ventilation de la salle sont à l’origine d’une accumulation d’humidité. La capilarité des molasses et la présence de joints et enduits ciment amplifient ce problème
  • On remarque des taches de salpêtre consécutives à une forte concentration d’humidité dans le terrain.  L’enduit ciment, appliqué lors de la transformation / rénovation de 1988-1991, empêche l’humidité contenue dans les murs de s’évaporer
  • Vues du détail de l’embrasure de la niche, côté est. Des anciennes agrafes ont provoqué des coulures d’oxyde et des traces en profondeur dans les molasses
  • On retrouve à la même hauteur, des trous des deux côtés de la salle. Traces d’une ancienne structure probablement pour suspendre les victuailles
  • Dispositif de ventilation sans extraction mécanique. Ce système n’est pas suffisant pour évacuer l’humidité
  • Des infiltrations provoquent régulièrement des flaques d’eau sur le côté est de la salle. Apparemment les derniers orages de l’hiver 2016 ont provoqué des dégâts sur le mur est et sur le sol

Source: Féroé architectes

Le projet

Le projet doit résoudre le problème d’humidité et des arrivées d’eau. A cette fin, il faut procéder à divers sondages, ainsi qu’à la réfection des murs et de la voûte. Il s’agit dans un premier temps de réaliser un décrépissage des murs, dégarnissage des joints autour des pierres et lavage ou nettoyage, puis d’attendre trois mois de séchage. Une vérification de la composition du mur au niveau de l’appareillage pourra être effectuée avec un historien ou un archéologue. Par la suite, un crépissage à la chaux à quatre mains sera exécuté, avec rempochage – dégrossissage, couche d’accrochage, de fond et de finition. Enfin, concernant le bouchon en briques terre cuite situé dans la petite embrasure de la paroi du fond, un curage des joints et aspiration sera réalisé, avec une réfection des joints qui auront été curés.

Une étude pour un nouveau dispositif de ventilation et de chauffage de la salle sera également développée.

Source: Féroé architectes